Votre mot de passe vous sera envoyé.

Il Tasco Petit (le « petit tascon ») émerge de l’eau à l’extrémité la plus méridionale de l’archipel des iles Medes.
Avec les deux rochers voisins de Tasco Gros et de Carall Bernat, il forme un triangle d’environ 3000 m² qui regorge de vie marine, et où tous les mérous des environs semblent s’être donné rendez-vous…
Une grande partie du site se situe en zone assez peu profonde (entre 8 et 15 m), ce qui en fait un excellent spot pour une seconde plongée ou pour des plongeurs débutants, mais avec son emplacement exposé à l’extrémité de l’archipel des iles Medes, il peut parfois être sujet à des courants assez importants. De force moyenne aujourd’hui, ce courant suffit pourtant à remuer un tas de particules qui rendent l’exercice de la photographie assez compliqué… Tant pis, j’en profiterai avec les yeux…

Le bateau s’amarre au sud d’El Tasco Petit et nous descendons à la bouée jusqu’au fond situé vers les 16m, puis commençons l’exploration en direction du rocher.
Le site est jonché d’énormes blocs rocheux recouverts d’algues, entre lesquels flottent nonchalamment de gros mérous bruns, tels des fantômes hantant des ruines en errant dans la brume.

... entre les rochers errent de gros mérous bruns aux iles Medes (plongee espagne)

… entre les rochers errent de gros mérous bruns (iles Medes)

Le comportement indolent et la nature curieuse de ce poisson en ont fait une proie de choix pour les chasseurs sous marins, et il a bien failli disparaitre de la Méditerrané. Ici, aux iles Medes, il a trouvé un refuge privilégié puisque la pêche y est proscrite, et l’on y rencontre par conséquent de gros spécimens, probablement des mâles. Mais pas de jalousie puisque tous les mérous naissent femelles, puis subissent une inversion sexuelle et deviennent des mâles aux alentours de 10-15 ans…

Nous contournons El Tasco Petit à main gauche pour explorer le détroit d’une cinquantaine de mètres qui le sépare de Tasco gros, son grand frère.
Outre les mérous, cette zone regorge d’autres espèces de poissons et nous y croisons quelques mulets solitaires, mais également des corbs, aisément identifiables à leur front bombé et à leurs nageoires pelviennes et anales bordées de blanc.

Corb sous un rocher aux iles Medes (plongee espagne)

Corb sous un rocher aux iles Medes

D’ailleurs avez vous remarqué que le corb de la photo a exactement la même forme que le trou du rocher devant lequel il se trouve, un peu comme une pièce de puzzle qui viendrait s’emboiter parfaitement ? Un bel exemple d’harmonie : le poisson parfait, à l’endroit parfait et au moment parfait pour la photo… comme si la nature m’avait donné rendez-vous pour une mise en scène dont elle seule a le secret…

Malheureusement les corbs deviennent aussi de plus en plus rares en méditerrané, si bien qu’ils ont fait l’objet d’un classement en espèce vulnérable.
Je joue un petit moment avec eux, faisant semblant de poursuivre leur banc autour d’un gros rocher…

Nous revenons ensuite terminer notre plongée en contrebas de l’amas de blocs rocheux qui parsèment le paysage. Cette zone est justement le territoire des murènes, si nombreuses que l’on arête très vite de les compter. C’est comme si chaque faille, chaque fissure était occupée, et leur tête se dresse verticalement du sol comme un champ d’anguilles jardinières géantes, au milieu des gorgones blanches, elles aussi très nombreuses à cet endroit.

Plus près de la surface, le soleil vient faire briller les écailles d’un banc de sars à tête noir, comme s’il s’agissait d’une armée de chevaliers revêtus d’une cote de mailles.

Banc de Sar Sars aux iles Medes (plongee espagne)

Banc de Sars à tête noire aux iles Medes

Pendant notre palier de décompression nous aurons droit à un dernier cadeau: un barracuda curieux qui surgit du bleu pour venir observer de près les étranges créatures que nous sommes, et qui nous tournera autour un bon moment, comme prenant exprès la pose devant mon appareil photo.

Barracuda aux iles Medes (plongee espagne)

Barracuda dans le bleu aux iles Medes

Au final, s’il est moins spectaculaire que le vertigineux tombant de la Pota del Llop, le paysage plus plat d’El Tasco Petit ne manque pas d’attrait avec cette luminosité un peu brumeuse et ce dédale de gros blocs rocheux qui lui confèrent un charme particulier. Et puis la faune y est tellement riche…

Je reste décidément enchanté par le spectacle que m’ont offert ces iles Medes, et sitôt remonté sur le bateau pour le long chemin du retour, je n’ai déjà plus qu’une idée en tête: y retourner dès que j’en aurai l’occasion!

Articles dans cette catégorie

Gilles Auroux

Plongeur insatiable, infatigable voyageur, et photographe passionné, j’ai entrepris ce blog pour partager mes plongées, mais aussi témoigner sur la beauté et la fragilité du monde qui se trouve sous la surface de nos océans.


Ma plus belle plongée ? J’espère la prochaine…


Vous aussi vous avez plongé ici ? Vous avez aimé ce site (ou pas) ? N'hésitez pas à laisser un commentaire...

Soyez le premier à commenter !

Votre commentaire

wpDiscuz
0 Partages
Partagez
Tweetez
Enregistrer
+1