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Crystal Rock…. ce nom résonne à l’avance comme une belle promesse, celle d’une eau translucide, dotée d’une visibilité parfaite, que l’on imagine bien, ici à Komodo, peuplée des créatures sous-marines les plus fantastiques, glissant tranquillement dans un rayon de soleil au cœur d’un jardin de corail déclinant à l’infini sa palette de nuances multicolores…
Pas facile de tenir sa réputation lorsque l’on suggère de pareilles images à l’imagination des plongeurs, et je suis on ne peut plus impatient de vérifier si le nom de Crystal Rock justifie bien les très fortes attentes qu’il génère…

Heureusement le Tidak Apa Apa, notre bateau traditionnel Indonésien sur cette croisière à travers le parc de Komodo 1, n’à pas bien loin à aller, puisque le site se trouve à quelques centaines de mètres à peine de Castle Rock où nous venons juste d’effectuer l’une de nos plus belles plongées à Komodo (Lire le post ICI). Ce n’est donc pas ce minuscule trajet qui va nous aider à calmer notre impatience en meublant le nécessaire intervalle de surface que nous devons observer afin de désaturer, mais heureusement le copieux petit déjeuner bientôt servi par M’Tuo nous permet de patienter tout en reprenant quelques forces après notre première immersion matinale.

Tout comme son voisin de Castle Rock, le site de Crystal Rock se présente sous la forme d’une structure de pinacles sous-marins, où seul le sommet du pic plus élevé parvient à émerger de quelques dizaines de centimètres au-dessus de la mer de Flores, mais uniquement à marée basse… L’annexe du Tidak Apa Apa nous amène à quelques encablures au Sud-Est de ce sommet, dans le sens du courant qui est ensuite sensé nous y faire dériver sans trop d’efforts, et nous pouvons enfin basculer avec délice dans l’eau effectivement translucide de Crystal Rock.
Le courant pouvant parfois se montrer assez violent à cet endroit de Komodo, nous ne traînons pas longtemps en surface et piquons aussitôt vers le fond, en direction d’un premier pinacle qui culmine à 8 mètres de la surface, prenant appui sur un plateau vers 20-25 mètres de profondeur.
Nous croisons au passage quelques requins, des pointes blanches, qui viennent nous renifler, parfois de très près, comme pour nous souhaiter la bienvenue et nous accueillir dans leur domaine. Comme toujours je savoure le plaisir de voir évoluer ces merveilleuses créatures à l’hydrodynamique parfaite, mesurant à nouveau combien, en comparaison, nous ne sommes, malgré toute notre technologie, que de pauvres palmipèdes peu aptes à évoluer dans ce milieu…

Nous avons bientôt atteint le plateau duquel s’élancent les pinacles, et nous commençons notre exploration en direction du Nord et du pinacle principal, effectivement poussés par le courant, mais bien moins fortement que ce à quoi nous nous attendions, ce qui nous permet de profiter pleinement de ce jardin de corail…
A cette profondeur de 25 mètres les rayons du soleil ont un peu de mal à se frayer un chemin, mais les innombrables coraux, gorgones et éponges barriques illuminent le paysage, étalant des formes aussi diverses que leurs couleurs: Acropora en forme de tables, ou bien encore les branches de Tubastrea micrantha, dont la couleur verte constellée des tâches lumineuses des nombreux anthias lui donnerait presque l’apparence d’un arbre de Noel.
J’ai déjà entendu des plongeurs surnommer ce dernier corail « Corail chaîne de vélo ». La raison en est des plus simples: Lorsque les branches de Tubastrea se brisent, elles laissent sur la combinaison des tâches brunâtre du plus vilain effet esthétique, un peu comme une tâche de graisse… Mais au moins cela permet d’identifier au premier coup d’oeil les plongeurs indélicats ou maladroits qui se sont aventurés dans ses branches, cassantes comme du verre…

Arrivés au pied du pinacle principal, nous commençons notre remontée en longues circonvolutions qui nous permettent d’explorer en détail sa faune très colorée. Recouvert de coraux mous aux couleurs éclatantes, il abrite une multitude d’espèces, mais ce sont surtout les bancs de chirurgiens qui attirent mon regard. Je ne les avais pas encore vu formant une telle troupe. Peut-être s’agit-il d’une particularité propre à cette espèce:  le chirurgien masque jaune (Acanthurus xanthopterus) appelé ainsi en référence au bandeau qui recouvre ses yeux, mais que l’on trouve également sous la dénomination de chirurgien à ailes jaunes en raison de ses nageoires pectorales de même couleur…

Compte tenu de la taille du pinacle de Crystal Rock, ce dernier ne se présente pas comme un véritable pic, mais plutôt sous la forme d’une petite colline sous-marine, jalonnée  de nombreux replats étagés à différentes profondeurs où l’on retrouve les représentants habituels de la faune de l’Indo-pacifique : Poissons-anges, Clowns, Arothrons, Poissons-soldats, mais également certaines espèces plus petites telles que les hippocampes pygmées, les crabes porcelaines ou divers nudibranches de forme et de coloration variées. Et bien sûr on n’oublie pas de jeter un coup d’oeil dans le bleu. Il serait dommage de manquer le passage d’un requin ou d’une quelconque carangue en chasse… Il parait que l’on peut aussi y apercevoir parfois quelque raie aigle, mais nous n’aurons pas cette chance aujourd’hui…

Cette belle plongée sur Crystal Rock se termine tranquillement par un traditionnel palier de sécurité à 5 mètres, avant que l’annexe du Tidak Apa Apa ne vienne nous récupérer pour nous ramener au bateau. Ayant plongé a peu près à marée étale, nous n’avons quasiment pas eu à subir le courant, mais il peut se montrer assez violent ici, ce qui dans ces conditions destine plutôt le site à des plongeurs expérimentés.
Quoi qu’il en soit Crystal Rock se montre amplement à la hauteur de sa réputation, et le site figure sans aucun doute parmi les plus belles plongées à Komodo, même si ses eaux ne m’ont pas paru plus ou moins cristallines que celles de Castle Rock, situé à quelques centaines de mètres de là. Les deux sites présentent finalement beaucoup de similitudes, offrant tous les deux une grande visibilité et pouvant être sujets à de forts courants. Simplement Castle Rock étant situé un peu plus au large de l’île de Lawa Laut, on y rencontre peut-être un peu plus de pélagiques, alors que Crystal Rock permet de se concentrer un peu plus sur la micro faune, même si le « gros » n’est pas en reste ici, comme en témoignent les nombreux requins rencontrés 🙂

Plongée à Komodo : Paysage sous-marin de Crystal Rock

Plongée à Komodo : Paysage sous-marin de Crystal Rock

  1. pour rappel, le parcours complet de cette croisière plongée à Komodo se trouve ICI

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Gilles Auroux
Plongeur insatiable, infatigable voyageur, et photographe passionné, j'ai entrepris ce blog pour partager mes plongées, mais aussi témoigner sur la beauté et la fragilité du monde qui se trouve sous la surface de nos océans.

Ma plus belle plongée ? J'espère la prochaine...

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