Votre mot de passe vous sera envoyé.

Au Nord du parc, la petite île de Tatawa Besar jouit de la réputation d’offrir à ses visiteurs sous-marins l’un des plus beaux jardins de corail que l’on puisse trouver en plongée à Komodo. C’est là que nous allons tremper nos palmes aujourd’hui…

 

A peine sortis de l’eau à Sabayor Kecil dont nous venons d’explorer les magnifiques pinacles, les yeux encore remplis du contraste entre le orange flamboyant des gorgones sur le bleu profond de la mer de Flores (lire le post ICI), que nous nous précipitons voracement sur le premier petit-déjeuner de cette croisière plongée sous-marine à Komodo (voir le détail de la croisière ICI). Pendant ce temps notre bateau, le Tidak Apa Apa, quitte lentement son mouillage et poursuit son chemin en direction de l’Ouest et de Tatawa Besar où nous attend d’ici une grosse heure une nouvelle plongée sur un site réputé.

La région de Komodo se caractérise par une multitude d’îles plus ou moins grosses, formant une sorte de dédale au travers duquel nous naviguons, si bien que quelle que soit la direction vers laquelle se tourne notre regard, il y a toujours une terre en vue. Chacune de ces îles exhibe fièrement ses multiples collines recouvertes d’une végétation encore assez verte pour la saison, sur les pentes desquelles le soleil qui joue au travers des nuages vient poser ses rayons pour y faire courir un jeu sans fin d’ombres et de lumières. Au rythme du Tidak Apa Apa, je prends le temps de savourer un instant ce spectacle qui encourage à la méditation, mais le rythme de la croisière se rappelle bientôt à mon souvenir, et déjà il faut préparer l’équipement de la prochaine plongée.

Nous nous trouvons désormais à quelques encablures de Tatawa Besar, une île aux dimensions plutôt réduites, le long de laquelle nous allons effectuer une plongée dérivante. Nous nous immergeons bientôt sur son extrémité Nord, au-dessus d’un magnifique jardin de corail qui déroule son tapis coloré à quelques 6 mètres sous nos palmes. Très vite le courant se saisit de nous, et commence à nous entraîner dans une magnifique promenade colorée…

Plongée à Komodo : Paysage sous-marin de Tatawa Besar

Plongée à Komodo : Paysage sous-marin de Tatawa Besar

Nous descendons jusqu’à vingt mètres de profondeur, toujours entraînés par un courant modéré, très agréable puisqu’il nous évite tout effort de palmage, sans toutefois nous empêcher de nous diriger ou de nous arrêter pour prendre quelques photos sous-marines.
Et cet exubérant jardin est loin d’être dépeuplé, puisque nous y sommes accompagnés dans notre promenade par une multitude d’espèces, elles aussi toutes plus colorées les unes que les autres, et ne demandant qu’à se faire tirer le portait…

On y croise ainsi différentes espèces de poissons-ange, avec en tête du cortège sa majesté le toujours magnifique ange-empereur (Pomacanthus imperator), mais aussi le poisson-ange à six bandes (Pomacanthus sextriatus), le demi cercles (Pomacanthus semicirculatus) mais surtout le plus étonnant de tous: le poisson-ange à tête bleue (Pomacanthus xanthometopon). La partie inférieure de son visage se trouve recouverte d’un étrange dessin bleu en forme de mantille dentelée, qui lui donne l’air d’un footballeur américain prêt à disputer le match le plus intense de sa carrière…

Idem pour les gaterins, dont l’appellation anglo-saxonne de « sweetlips » leur convient bien mieux, eu égard à la grosseur de leurs lèvres aussi charnues que celles d’une bimbo outrageusement repulpée à l’acide hyaluronique… Certains, comme le gaterin arlequin (Plectorhinchus chaetodonoides) arborent une livrée tachetée du plus bel effet ‘léopard », tandis que le gaterin à lignes (Plectorhinchus chaetodonoides) doit se contenter de se qui ressemble plutôt à la tenue du zèbre… Pour un peu je me croirais en plein cœur de la savane africaine…

Et le bestiaire de cette savane improvisée ne saurait être complet sans la présence de l’inquiétant crocodile… En voici justement un qui se prélasse sur le fond, attendant sans doute qu’une innocente victime ne passe à sa portée. Le poisson-crocodile (Papilloculiceps longiceps) doit son nom à la morphologie de son museau particulièrement prononcé, long et plat comme celui du saurien auquel il fait référence. Petite coquetterie de sa part, son œil est surmonté d’un délicat dessin qui ressemble à un petit bout de dentelle (voir photo de détail)…

Les seiches sont également présentes en grand nombre à Tatawa Besar, y compris en pleine journée, et loin d’être intimidées par notre présence, elles semblent au contraire prendre la pose pour nos appareils photos, de face, de profil ou de trois-quart, déployant toute la palette de leurs couleurs changeant au gré de leur humeur…

Le paysage n’en finit plus de défiler devant nos yeux émerveillés, comme si nous étions immobile devant un écran de télévision diffusant un documentaire sous-marin plus vrai que nature. Dans le bleu au loin passe parfois une carangue, tandis que sous nos palmes l’exubérante richesse du récif de Tatawa Besar multiplie à l’infini les éclats de couleurs de ses coraux dans le seul but d’attirer notre attention…
Comme nous arrivons au Sud de l’île le courant se fait encore plus faible, puis finit par disparaître complètement, comme si la visite guidée de Tatawa Besar était désormais terminée et que son invisible guide avait décidé de nous laisser profiter à notre guise de son jardin luxuriant, déambulant de corail en corail au gré de nos envies.

Plongée à Komodo : Paysage sous-marin de Tatawa Besar

Plongée à Komodo : Paysage sous-marin de Tatawa Besar

La faune mobile continue de s’y trouver en abondance, et outre les espèces déjà citées, j’y découvre murènes, poissons-trompette, poissons-ballon ou bien encore la crevette-mante paon (Odontodactylus scyllarus) à l’étrange tête de mante religieuse greffée sur un corps de grosse langouste, dont les prouesses physiques ne cessent de m’émerveiller depuis que je l’ai croisée pour la première fois. Chacune de nos rencontres me ravit, et je crois bien que jamais je ne m’en lasserai…

Les 5 mètres de profondeur dans lesquels nous évoluons nous permettent d’effectuer notre pallier de décompression sans même nous en apercevoir, continuant de déambuler tranquillement dans le magnifique jardin de Tatawa Besar.

Plongée à Komodo : Paysage sous-marin de Tatawa Besar

Plongée à Komodo : Paysage sous-marin de Tatawa Besar

Cette plongée à Komodo se révèle décidément si belle que nous en prolongerons le plaisir jusqu’à l’extrême limite, celle des réserves d’air de nos blocs 12 litres qui auront tout de même duré 77 minutes (ça sert de ne pas palmer 🙂 )…
Mais il faut bien regagner la surface un jour, même à regret, et puis là haut nous attend le Tidak Apa Apa, impatient de nous emmener vers de nouvelles aventures et de nous faire découvrir le reste de cette superbe région. Après tout nous ne sommes encore qu’aux tout débuts de cette croisière plongée à Komodo

Vidéo filmée et montée par Bernard Cortier

Articles dans cette catégorie

Gilles Auroux

Plongeur insatiable, infatigable voyageur, et photographe passionné, j’ai entrepris ce blog pour partager mes plongées, mais aussi témoigner sur la beauté et la fragilité du monde qui se trouve sous la surface de nos océans.


Ma plus belle plongée ? J’espère la prochaine…


Vous aussi vous avez plongé ici ? Vous avez aimé ce site (ou pas) ? N'hésitez pas à laisser un commentaire...

Soyez le premier à commenter !

Votre commentaire

wpDiscuz
0 Partages
Partagez
Tweetez
Enregistrer
+1