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Presque à l’extrémité du chenal de Loh Dasami, le fer à cheval qui sépare Rinca de Nusa Kode (voir carte), les falaises plongent à pic dans les eaux vertes du parc de Komodo, et ces murs se prolongent sous la surface en de vertigineux tombants recouverts de coraux multicolores. C’est sur l’un de ces murs que nous plongeons aujourd’hui: Yellow wall

Cette première nuit passée au mouillage de Loh Dasami a été on ne peut plus paisible: Aucune trace de vie à des lieux à la ronde, seulement la lune perchée tout en haut du ciel à nous regarder de son gros œil rond en jouant parfois à cache-cache entre les nuages. Le Tidak Apa Apa s’est calmement balancé au rythme des oscillations de la mer de Savu, nous berçant tranquillement dans notre sommeil. Si la veille nous nous étions contentés de visiter les sites de plongée les plus proches du mouillage, tout d’abord le magnifique Cannibal rock (voir ICI) et ses eaux vertes, puis Topedo (lire ICI) et sa faune exubérante, nous allons aujourd’hui découvrir des sites encore plus sauvages, pratiquement à l’extrémité du chenal. Autant dire que les conditions de mer devraient y être un peu moins tranquilles qu’ici…

Plongée à Komodo : Coucher de soleil à Yellow wall

Plongée à Komodo : Coucher de soleil à Yellow wall

Après un café plutôt bienvenu, nous nous équipons pour cette première immersion de la journée. J’ai pu récupéré dans les réserves du Tidak une combinaison dont les 6.5 mm de néoprène devraient me protéger un peu mieux que ma combinaison actuelle, m’évitant de regagner la surface en claquant des dents. Il faut dire que l’eau ici ne dépasse guère les 23-24 degrés…
Nous embarquons dans la petite annexe du Tidak  prenant aussitôt la direction du Sud en longeant les collines désertiques de Rinca à babord et celles de Nusa Kodé à tribord, avec toujours cette même impression d’être les seuls êtres humains de ce bout de monde. Pas très loin quelques dauphins naviguent de concert avec nous en ondulant sur les vagues dans leur nage si caractéristique. Nous espérons bien qu’ils nous rendront une petite visite lors de notre plongée, mais ce ne sera malheureusement pas le cas… ici ce sont des animaux plutôt sauvages, peu habitués à la présence des plongeurs et ne recherchant pas particulièrement l’interaction.

Arrivés au pied de la paroi de Yellow wall, nous nous immergeons en nous laissant descendre le long du tombant. La profondeur ici dépasse les quarante mètres, mais il n’est nul besoin de descendre aussi bas pour profiter du spectacle, et nous arrêtons vers les 22 mètres avant de commencer à remonter en explorant minutieusement les parois…

Plongée à Komodo : Paysage sous-marin de Yellow wall

Plongée à Komodo : Paysage sous-marin de Yellow wall

Difficile de savoir exactement d’où Yellow Wall tire son nom. Pour certains il s’agirait de la multitude d’holothuries jaunes (Cholochirus robustus) qui résident en permanence ici. Pour d’autres ce serait en raison des innombrables coraux mous (Tubastrea coccinea) et autres crinoïdes de couleur jaune orangé qui tapissent le tombant… Quoi qu’il en soit le lieu est magnifique et regorge d’une faune innombrable, mais plutôt classique de ces mers tropicales

Sans doute attirée par ces délicieuses friandise, nous surprenons une tortue imbriquée toute occupée à farfouiller dans le corail. Cette espèce (Eretmochelys imbricata) se nourrit effectivement de coraux mous et d’éponges, mais également des petits crustacés et mollusques qu’elle peut trouver dans cet écosystème.

Plongée à Komodo : Tortue à Yellow wall

Plongée à Komodo : Tortue à Yellow wall

On trouve également à Yellow Wall de nombreux oursins de feu (Asthenosoma varium), ces magnifiques oursins en forme de demi sphère, bien plus colorés que nous oursins classiques de méditerranée. En regardant bien au milieu de leurs piquants, on peut parfois dénicher quelque crabe zebra (Zebrida adamsii) ou crevette de Coleman (Periclimenes colemani ). Attention quand même si vous approcher pour les prendre en photo puisque les piquants de l’oursin de feu peuvent infliger des blessures extrêmement douloureuses et pouvant même entraîner la mort par arrêt cardiaque.

Nous poursuivons notre ascension en serpentant le long du tombant, et croisant en chemin ces magnifiques ascidies  solitaires bleues, comme découpées dans une délicate dentelle, et dont la couleur tranche sur le jaune environnant. L’autre forme d’ascidie que l’on trouve ici, une ascidie coloniale, sert parfois de support à de minuscules gobies.

Les anfractuosités des parois abritent de grosses crevettes nettoyeuses, les danseuses de Durban (Rhynchocinetes durbanensis) avec leur rostre démesuré toujours pointé vers le haut, et surmonté à la base de deux gros yeux verts globuleux.

Plongée à Komodo : Corail danseuse à Yellow wall

Plongée à Komodo : Corail danseuse à Yellow wall

Et les poissons ne sont pas en reste ici à Yellow wall, puisque l’on y croise quelques rascasses volantes, de couleur plutôt sombre, mais aussi le timide Canthigaster valentini à l’étrange forme si peu hydrodynamique, ou encore le magnifique mérou minium (Cephalopholis miniata) à la robe éclatante orange à pois bleus, et puis bien sûr les murènes….

Plongée à Komodo : Murènes à Yellow wall

Plongée à Komodo : Murènes à Yellow wall

Je regagne la surface après 45 minutes d’une belle plongée, plutôt tranquille puisqu’ici le courant reste assez modéré, présent surtout en surface, probablement en raison de la proximité de la pleine mer. Si Yellow Wall sait séduire par la beauté de ses paysages et de son tombant, la faune que l’on y rencontre reste plutôt classique, moins diversifiée peut-être qu’à d’autres endroits du parc de Komodo. Enfin, compte tenu de la profondeur assez importante et des conditions pouvant parfois être assez hasardeuse, le site est plutôt réservé à des plongeurs expérimentés.
Plongée à Komodo : Corail chaîne de vélo à Yellow wall

Plongée à Komodo : Corail chaîne de vélo à Yellow wall

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Gilles Auroux
Plongeur insatiable, infatigable voyageur, et photographe passionné, j'ai entrepris ce blog pour partager mes plongées, mais aussi témoigner sur la beauté et la fragilité du monde qui se trouve sous la surface de nos océans.

Ma plus belle plongée ? J'espère la prochaine...

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