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Après la découverte, dans la matinée, des magnifiques tombants de Pescador Island, retour cet après midi pour une nouvelle plongée à Moalboal, le long du mur qui court à cet endroit de l’île de Cebu. A Moalboal les sites de plongées s’enchaînent tout le long de la cote, alternant tombants et pentes de sable, et Talisay wall ne fait pas exception à la règle, dévoilant une faune riche et bariolée.

La bangka ne met que 5 petites minutes pour atteindre Talisay Wall  un peu plus au Nord du turtle bay resort, et nous nous immergeons aussitôt, gagnant le bas du tombant vers 25 mètres de profondeur. Comme sur la quasi totalité des sites de plongée des environs, la lumière semble avoir du mal à pénétrer sous la surface, et même à cette profondeur somme toute assez faible, l’obscurité semble recouvrir le paysage.

Nous nous mettons à longer le tombant à main gauche, et presque immédiatement j’aperçois un petit poisson-feuille (Taenianotus triacanthus) tellement jaune qu’il a bien du mal à passer inaperçu dans le décor. Drôle de stratégie de camouflage pour ce poisson qui chasse à l’affût, se tenant parfaitement immobile en se laissant juste balancer dans le courant pour imiter une feuille morte, et ainsi tromper les proies qui auraient l’imprudence de passer à sa portée. Il est vrai qu’il a la capacité de modifier sa couleur en quelques minutes, et qu’il pourra donc toujours changer de robe si celle-ci ne lui convenait plus… le rêve de bien des femmes que je connais 🙂

Plongée à Moalboal aux Philippines: Poisson-scorpion feuille (Taenianotus triacanthus) sur le tombant de Talisay wall

Plongée à Moalboal aux Philippines: Poisson-scorpion feuille (Taenianotus triacanthus) sur le tombant de Talisay wall

Un peu plus loin sur le tombant, c’est une autre espèce de scorpénoidé que je découvre, le mortel poisson-pierre (Synanceia verrucosa) à la mine si patibulaire avec ses gros yeux globuleux et sa bouche tournée vers le haut, présentant une simple fente à la verticale. Déjà étrange de profil, je crois bien qu’il l’est encore plus vu du dessus…

Ce poisson possède des épines dorsales tellement puissantes qu’elles sont capables de traverser une semelle de chaussure pour inoculer son venin, et ce dernier, aussi puissant que celui des serpents terrestres les plus venimeux, occasionne vomissements et nausées, parfois même des évanouissements et la mort.
A observer e loin donc, et surtout bien faire attention avant de poser la main ou le pied quelque part…

Poisson-pierre (Synanceia verrucosa) sur le tombant de Talisay wall

Plongée à Moalboal aux Philippines: Poisson-pierre (Synanceia verrucosa) sur le tombant de Talisay wall

De longs coraux noirs en tire-bouchon (Cirrhipathes) poussent à l’horizontale sur le tombant de Talisay wall, et certains abritent des poissons bien moins redoutables puisqu’il s’agit des minuscules gobies nains du corail fouet (Bryaninops yongei). Leur taille les rend parfois difficiles à repérer dans la mesure où les adultes ne mesurent guère plus de 2 à 3 centimètres seulement. Ils se tiennent généralement le long du corail, fixé à ce dernier au moyen de leur disque ventral qui agit comme une ventouse, laissant entrevoir leur colonne vertébrale puisque leur dos est quasiment translucide.

Plongée à Moalboal aux Philippines: Gobie du corail fouet (Bryaninops yongei) sur le tombant de Talisay wall

Plongée à Moalboal aux Philippines: Gobie du corail fouet (bryaninops-yongei) sur le tombant de Talisay wall

Toujours aussi inoffensif, je croise plus loin un magnifique poisson-clown que je n’avais encore jamais rencontré. Il s’agit du poisson clown épineux (Premnas biaculeatus). Il s’agit du seul poisson-clown à ne pas faire partie du genre Amphiprion, et au vu de sa morphologie, on se demande bien pour quelle obscure raison les scientifiques en ont décidé ainsi. En effet il ressemble trait pour trait à ses cousins, dont il diffère simplement par une taille légèrement supérieure, ainsi que par la présence d’une épine située au niveau de l’opercule, juste en dessous de l’œil (visible sur la photo en regardant bien).

L’individu de la photo est une variante un peu particulière et plutôt rare, puisqu’il présente la particularité de posséder des bandes jaunes en lieu et place des traditionnelles bandes blanches de cette espèce.  Certains biologistes le considère d’ailleurs comme une espèce à part nommée Premnas epigrammata, mais cette opinion est loin de faire l’unanimité…

Plongée à Moalboal aux Philippines: Poisson-clown épineux (Premnas biaculeatus) sur le tombant de Talisay wall

Plongée à Moalboal aux Philippines: Poisson-clown épineux (Premnas biaculeatus) sur le tombant de Talisay wall

On trouve aussi sur Talisay wall quelques éponges barriques, et certaines d’entre elles hébergent la toujours très flashy galathée poilue (Lauriea siagiani). Son corps arbore une jolie couleur mauve et fushia, surmonté d’une pilosité blanche plutôt drue à laquelle elle doit son nom. Pas facile à prendre en photo, l’animal a tendance à se réfugier dans les replis de l’enveloppe externe de l’éponge barrique, bloquant la lumière des flashs. Mais avec un peu de patience et l’aide (délicate) du muck stick pour le déloger, on parvient généralement à ses fins 🙂

Plongée à Moalboal aux Philippines: Galathee poilue (Lauriea siagiani) sur le tombant de Talisay wall

Plongée à Moalboal aux Philippines: Galathee poilue (Lauriea siagiani) sur le tombant de Talisay wall

Les petites crevettes de Koror (Cuapetes kororensis) ne constituent guère des sujets de photos sous-marines plus aisés puisqu’elles se cachent en permanence au cœur du corail-anémone qui leur sert d’hôte, ne laissant généralement dépasser que leur chélipèdes démesurés et translucides, ainsi que leur tête entièrement blanche sur laquelle sont juchés deux yeux pédonculés de même couleur. On aperçoit quelquefois leur thorax d’un bel orange vif, et parfois aussi leur ponte, mais guère beaucoup plus. Une jolie crevette un peu secrète donc…

Plongée à Moalboal aux Philippines: Crevette (Cuapetes kororensis) sur le tombant de Talisay wall

Plongée à Moalboal aux Philippines: Crevette (Cuapetes kororensis) sur le tombant de Talisay wall

Les vers arbres de Noel (Spirobranchus giganteus) forment de délicats tableaux avec les coraux porites dans lesquels ils trouvent refuge, et avec lesquels ils vivent en relation mutualiste. La partie colorée qu’ils exhibent est en fait leur panache branchial, et ce dernier peut prendre un nombre considérable de couleurs, du jaune au bleu en passant par le rouge ou le pourpre, et parfois même un panachage de ces différentes teintes. Le reste du corps de ce petit ver mesure une dizaine de centimètres et reste généralement à l’abri de son tube. Contrairement à ce que pensent beaucoup de plongeurs, ce spirobranchus ne perfore pas le squelette de son hôte, mais se fixe à sa surface avant de construire leur tube calcaire. Il leur suffit alors d’attendre que ce dernier grossisse pour se retrouver enfouis bien à l’abri dans son squelette calcaire.
On sait peu de chose sur ce délicat petit ver, mais les biologistes estiment qu’il pourrait vivre jusqu’à une quarantaine d’années, ce qui constitue une exception dans le monde des vers polychètes à la longévité généralement assez brève.

Plongée à Moalboal aux Philippines: Ver "arbre de Noel" sur le tombant de Talisay wall

Ver « arbre de Noel »
sur le tombant de Talisay wall

Un autre tableau magnifique que propose Talisay wall est celui des ascidies bleues (clavelina fusca) qui poussent un peu partout sur le tombant, généralement en petites colonies de quelques individus. Leurs siphons inhalants et exhalants arborent une jolie couleur mauve à violette, cerclée de jaune orangée au niveau des orifices. On y trouve parfois de minuscules copépodes colorés, les « lady bug », mais j’ai beau les scruter de près, je n’en trouve pas trace ici…

Très belle plongée donc que ce tombant de Talisay wall, formé d’une alternance de murs et de pentes abruptes sur lesquels réside une faune fixée ou mobile plutôt riche, et parmi laquelle on trouve des spécimens assez peu communs.
Comme d’habitude à Moalboal, le site de Talisay wall ne présente aucune difficulté particulière et pourra être exploré par les plongeurs de tout niveau, dans le respect toutefois de leur prérogatives puisque le tombant descend par endroit à une trentaine de mètres de profondeur.

Plongée à Moalboal aux Philippines: Comatule dans le paysage du tombant de Talisay wall

Plongée à Moalboal aux Philippines: Comatule dans le paysage du tombant de Talisay wall

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Gilles Auroux

Plongeur insatiable, infatigable voyageur, et photographe passionné, j’ai entrepris ce blog pour partager mes plongées, mais aussi témoigner sur la beauté et la fragilité du monde qui se trouve sous la surface de nos océans.


Ma plus belle plongée ? J’espère la prochaine…


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