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Koh Haa… Cinq minuscules iles désertes entourées d’eaux cristallines, perdues au large de Koh Lanta dans l’immensité de la mer d’Andaman … C’est dans ce petit archipel que nous faisons halte pour nos prochaines plongées

Plongée en Thaïlande : carte de Koh Haa Lagoon

Plongée en Thaïlande : carte de Koh Haa Lagoon

Après nos deux plongées du matin sur les magnifiques jardins de coraux de Hin Muang et de Hin Daeng, le Bunmee III a mis le cap au Nord, et, pendant que nous déjeunions, il a couvert la dizaine de miles nautiques qui nous séparaient de Koh Haa, que nous atteignons en tout début d’après-midi. L’archipel se présente sous la forme d’une formation karstique, composée de trois iles principales, dont les falaises abruptes, parcourues par une maigre végétation qui semblent peiner à y survivre, plongent verticalement dans la mer d’Andaman, et de pitons calcaires qui se dressent fièrement vers le ciel en émergeant d’un océan qui les grignote peu à peu leur base. Seule l’ile numéro 3 fait exception et dispose d’une plage de sable blanc qui descend en pente douce dans la mer jusqu’aux iles 2 et 4, formant la petite lagune qui fait justement l’objet de notre prochaine plongée. Il est 15h30 lorsque nous nous mettons à l’eau…

Plongée en Thaïlande : Paysage surface de Koh Haa

Plongée en Thaïlande : Paysage surface de Koh Haa

Le Bunmee III nous a largués à l’endroit le plus profond du lagon de Koh Haa, juste en face de la plage de l’ile n°3, et à égale distance des iles n°2 et n°4. Nous nous retrouvons bientôt à 23 mètres de profondeur, sur un fond de sable que nous nous mettons à parcourir en direction du Sud-Ouest et du piton rocheux qui constitue l’ile n°4, croisant au passage quelques gros blocs rocheux recouverts de coraux et de gorgones qui déploient leur larges éventails blancs dans le courant.

Plongée en Thaïlande : Gorgone à Koh Haa

Plongée en Thaïlande : Gorgone à Koh Haa

La nature calcaire, et donc extrêmement friable, de ces formations karstiques favorise l’apparition de crevasses, fissures et autres anfractuosités, qui font la joie de la faune locale en constituant des refuges parfaits pour tout un tas d’animaux, des plus petits aux plus gros, qui viennent y trouver protection, comme c’est par exemple le cas pour cette énorme murène de Java, tapie dans l’ombre pour guetter une proie, et dont la quasi ombre chinoise du contrejour fait ressortir les dents acérées pour la rendre bien plus menaçante qu’elle ne l’est réellement, du moins pour les plongeurs que nous sommes…

Plongée en Thaïlande : Murène de Java à Koh Haa

Plongée en Thaïlande : Murène de Java à Koh Haa

Mais c’est sur cette monotone plaine de sable, comme une oasis en plein milieu du désert, que vit la drôle d’anémone de sable (Heteractis aurora) et les poissons clowns qu’elle héberge, des poissons clowns de Clark (Amphiprion clarkii), aisément reconnaissables à leur corps essentiellement noir strié de trois larges bandes blanches, et couplé à une tête et des nageoires jaunes. De manière plus poétique, on la surnomme également « anémone collier de perles » en raison de son apparence annelée, comme constituée par un fil sur lequel on serait venu enfiler des perles de tailles différentes… Moi j’aurais plutôt envie de l’appeler « l’anémone frisée », par contraste avec les autres anémones de la mer d’Andaman qui laissent voler leur longue chevelure lisse au gré des courants…

Et ce substrat sert aussi de refuge à l’habituelle cohorte de nudibranches, toujours les mêmes dans ces parages, si ressemblants et pourtant différents quand on les observe de près…

Nous contournons l’ile n°4 de Koh Haa et remontons en direction du Nord, vers l’ile n°2. Le fond se trouve désormais aux alentours de 10 mètres, et nous ne consommons presque plus d’air, ce qui nous permet de prolonger le plaisir de cette belle plongée.

Soudain, dans le passage entre les deux iles, nous apercevons une étrange créature qui semble faire des bonds sur le sable. Curieux nous nous approchons pour mieux voir ce drôle de bestiau qui, de prime abord, n’a qu’une très lointaine ressemblance avec un poisson… Son dos, large, dépourvu de la moindre écaille, et totalement dénué de nageoire, parait tout cabossé, comme s’il avait été martelé de l’intérieur par un quelconque forgeron fou… A côté de lui, Quasimodo, avec sa bosse unique, passerait presque pour un Apollon… Et encore tout cela n’est rien, puisqu’en plus de ces difformités, la nature a décidé de l’affubler d’un long bec recourbé, de lui greffer ce qui ressemble à des ailes emplumées en lieu et place des nageoires pectorales habituelles, et de doter ses nageoires pelviennes d’ergots griffus… Vu de trois quart, on a presque l’impression d’être en face d’une espèce de poule sous-marine…

Je rencontre cet animal pour la première fois, mais il s’agit effectivement bien d’un poisson: le poisson pégase (Eurypegasus draconis) que l’on surnomme aussi Dragon de mer. Cette étrange créature ne dépasse pas les 10 centimètres de long, et sa coloration le rend extrêmement difficile à détecter, puisqu’il ne se différencie guère du substrat sur lequel il réside, sauf lorsqu’il décide de déployer ses grandes nageoires pectorales, membranées comme des ailes, et qui présentent alors un large liseré blanc et bleu qui tranche sur le sable environnant. Quant-à ses étonnantes bosses, elles résultent non pas d’une difformité, mais d’un squelette à base de plaques osseuses dont il se débarrasse périodiquement d’un seul tenant pour muer. Encore une fois la nature parvient à me surprendre et à m’émerveiller par sa créativité et par la diversité des formes improbables qu’elle parvient sans cesse à inventer…

Mais le lagon de Koh Haa ne se limite pas à ces mornes étendues de sable, et il regorge également de magnifiques paysages que les rayons du soleil éclairent à travers la surface pour une fois toute proche, faisant danser sur leur passage une multitude de petits poissons, ou bien venant se poser délicatement sur un coin de roche pour mettre en valeur, à la manière d’un spot de cinéma, les chairs étalées de ce bénitier géant ou bien les formes familières, même pour les non plongeurs, de ce petit sapin de Noël tout bleu. Là aussi difficile en voyant ce petit arbre de s’imaginer qu’il s’agit en réalité d’un ver… Et pourtant il suffit de s’approcher d’un peu trop près pour le voir disparaitre subitement à l’intérieur de son tube protecteur…

Nous poursuivons notre exploration du lagon de Koh Haa autour de l’ile n°2, avant de rebrousser chemin en direction du Bunmee III qui nous attend exactement à l’endroit où il nous avait laissé. Le courant, sans être vraiment violent dans le passage entre les deux pitons calcaires, peut parfois sans doute se montrer un peu plus virulent, comme en témoigne cette étoile de mer bleue (Linckia laevigata) qui semble s’aggriper à ce rocher comme dans une tentative désespérée pour ne pas se laisser emporter, à moins qu’il ne s’agisse de l’élaboration d’une nouvelle méthode d’escalade…

Plongée en Thaïlande : Étoile de mer (Minckia) à Koh Haa

Plongée en Thaïlande : Étoile de mer (Linckia) à Koh Haa

Mais nous sommes immergés depuis déjà plus d’une heure et quart… Il est vrai que nous ne consommons pratiquement pas d’air à cette profondeur comprise entre cinq et dix mètres, et que puisque nous décompressons lentement depuis déjà près de trente minutes, il ne sera donc pas nécessaire d’effectuer un quelconque palier. Mais même avec une faible consommation, les blocs finissent tout de même bien par se vider, et puisque ce site est parfaitement abrité et ne risquant absolument rien à cette profondeur, j’en profite pour sucer le mien jusqu’à la dernière bouffée d’air, prolongeant au maximum le plaisir de cette belle plongée… Certes le lagon de Koh Haa n’impressionnera guère le plongeur chevronné, mais ses eaux translucides, son absence de courant, et la faible profondeur de sa lagune en font un lieu idéal pour les plongeurs débutants ou pour une plongée de réadaptation. Quant-aux amateurs de photo sous-marine, et plus particulièrement de macro, ils s’en donneront à cœur joie avec la petite faune qui abonde dans ces parages en tirant pleinement parti du relief particulier de Koh Haa

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Gilles Auroux
Plongeur insatiable, infatigable voyageur, et photographe passionné, j'ai entrepris ce blog pour partager mes plongées, mais aussi témoigner sur la beauté et la fragilité du monde qui se trouve sous la surface de nos océans.

Ma plus belle plongée ? J'espère la prochaine...

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