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L’Ouest de Racha Noi, une petite île au Sud de Phuket, abrite une baie tranquille et peu profonde, cachant sous sa surface une plaine de sable blanc. Une plongée a priori facile, pourtant la légende raconte qu’un photographe professionnel y aurait un jour perdu tout son matériel en remontant sur le bateau, et que ce matériel n’aurait mystérieusement encore jamais été retrouvé. Depuis on la surnomme Camera Bay

Protégée des courants de la mer d’Andaman, Camera Bay étale sa plaine sableuse en une légère pente de 10 à 20 mètres de profondeur, avant de plonger brusquement en un tombant abrupte (au Nord de la baie) pour gagner les 30 mètres. On y trouve un mélange de coraux durs et de gros blocs rocheux qui ne sont pas sans rappeler les îles Similan…
Les bateaux de plongée larguent généralement leurs palanquées à une extrémité de Camera Bay, pour les récupérer à l’autre bout, et parfois même un peu plus au Nord, le jeu consistant parfois à sortir de la baie pour entamer une courte dérivante…

Plongée à Phuket, en Thaïlande : Plan de plongée de Camera Bay sur l’île de Racha Noi

Plongée à Phuket, en Thaïlande : Plan de plongée de Camera Bay sur l’île de Racha Noi

La zone rocheuse abrite une faune assez variée, mais toutefois assez commune de la région Indo-pacifique. On peut notamment y croiser plusieurs espèces de mérous, comme par exemple le mérou gâteau de cire (Epinephelus merra), à la robe parée de tâches hexagonales au motif régulier qui lui donnent cet aspect de cire d’abeille auquel il doit son nom, ou encore le mérou céleste (Cephalopholis argus), un poisson assez fuselé au corps à dominante brune, parcouru d’nombrables petites ocelles bleu clair, et parfois traversé par cinq ou six bandes verticales de couleur plus claire, presque blanche.
Plongée à Phuket (Thaïlande): Mérou gâteau de cire (Epinephelus merra) à Camera Bay sur l’île de Racha Noi

Plongée à Phuket (Thaïlande): Mérou gâteau de cire (Epinephelus merra) à Camera Bay sur l’île de Racha Noi

Plongée à Phuket (Thaïlande): Mérou céleste (Cephalopholis argus) à Camera Bay sur l’île de Racha Noi

Plongée à Phuket (Thaïlande): Mérou céleste (Cephalopholis argus) à Camera Bay sur l’île de Racha Noi

On a souvent la chance de croiser des poulpes à Camera Bay, généralement cachés dans une quelconque anfractuosité d’où ne dépasse que leur tête et un bout de leur siphon, et l’on peut ainsi les observer à loisir, détaillant leur étrange anatomie de mollusque sans coquille…
Ce que l’on ne voit pas, c’est par contre que les pieuvres possèdent 3 cœurs et que ces derniers servent à pomper un sang de couleur bleu. Aucune affiliation avec une quelconque famille royale là-dedans, c’est simplement que leur sang ne contient pas d’hémoglobine, mais de l’hémocyanine…
Plongée à Phuket (Thaïlande): Poulpe à Camera Bay sur l’île de Racha Noi

Plongée à Phuket (Thaïlande): Poulpe à Camera Bay sur l’île de Racha Noi

Et cet animal n’en finit pas d’étonner les scientifiques, qui se demandaient notamment depuis longtemps comment le poulpe, dont l’œil, comme celui de tous les mollusques, ne dispose que d’un seul type de photorécepteur, ce qui le rend par conséquent incapable de distinguer les couleurs, pouvait aussi simplement et aussi rapidement adapter sa couleur à celle de son environnement. Des études récentes semblent montrer que l’œil du poulpe est encore plus évolué qu’on ne pouvait le croire, et qu’il est capable, grâce à la forme de sa pupille, de recevoir la lumière émanant de plusieurs directions à la fois, puis de redécomposer celle-ci en fonction des différentes longueurs d’ondes qui la composent, exploitant ainsi les aberrations chromatiques liées à la forme de la pupille.
Pour en savoir plus, je vous invite à lire (en anglais) le très intéressant article de l’université de Berkeley sur le sujet : Weird pupils let octupuses see their colorful gardens
Plongée à Phuket (Thaïlande): Poulpe à Camera Bay sur l’île de Racha Noi

Plongée à Phuket (Thaïlande): Poulpe à Camera Bay sur l’île de Racha Noi

Comme un peu partout autour de Racha Noi, on retrouve également à Camera Bay les très colorés poissons-papillons pakistanais (Chaetodon collare). Ils évoluent souvent dans la demi obscurité des gros blocs de coralligène, seuls ou en petits groupes, parfois en couples.
Plongée à Phuket (Thaïlande): Poisson-papillon pakistanais (Chaetodon collare) à Camera Bay sur l’île de Racha Noi

Plongée à Phuket (Thaïlande): Poisson-papillon pakistanais (Chaetodon collare) à Camera Bay sur l’île de Racha Noi

Ces gros blocs de coralligène servent également de refuge à une large variété d’espèces, et il n’est pas rare d’y trouver des poissons porc-épic (Diodon holocanthus) ou des poissons-coffres (Ostracion meleagris), les poissons-soldats choisissant quant-à eux définitivement les endroits les plus obscurs pour s’y cacher, tirant ainsi pleinement parti de leur yeux démesurément grands
En descendant plus profond le long de la plaine (vers 25m), on peut également croiser à Camera Bay de belles gorgones géantes, éclairant le paysage alentours de leur magnifique couleur orange…
Plongée à Phuket (Thaïlande): Gorgone à Camera Bay sur l’île de Racha Noi

Plongée à Phuket (Thaïlande): Gorgone à Camera Bay sur l’île de Racha Noi

Enfin, les plus chanceux aurons parfois la chance d’apercevoir à Racha Noi une raie manta, voire un requin baleine. En effet, plus au Sud de Racha Noi la mer d’Andaman commence à devenir plus profonde, et de nombreux gros pélagiques fréquentent ces eaux, remontant parfois vers Racha Noi en quête d’une station de nettoyage. Bien entendu, la pointe Sud de l’île constitue le meilleur endroit pour les croiser, mais il n’est pas rare d’en apercevoir sur les autres sites de plongées, et notamment au Nord de Camera Bay
Belle plongée donc que Camera Bay, mais sans être non plus extraordinaire, à moins que vous ne cherchiez à résoudre le mystère du matériel photo disparu…
Le site convient à des plongeurs de tous niveaux, les débutants trouvant dans sa baie un terrain de jeu idéal pour leur apprentissage et leurs premières explorations, tandis que les plongeurs plus confirmés préféreront quant-à eux aller faire un tour du côté du tombant Nord où ils pourront descendre jusqu’à une trentaine de mètres et effectuer une petite dérivante (attention en dehors de la baie le courant peut parfois se révéler violent, et il convient de vérifier au préalable avec votre guide la faisabilité de cette dérivante).

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Gilles Auroux
Plongeur insatiable, infatigable voyageur, et photographe passionné, j'ai entrepris ce blog pour partager mes plongées, mais aussi témoigner sur la beauté et la fragilité du monde qui se trouve sous la surface de nos océans.

Ma plus belle plongée ? J'espère la prochaine...

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